Oui à la procrastination structurée et adieu à la culpabilité !

13/10/2018 16:54 Pas de commentaire 0

A la rentrée, vous avez été bombardé(e) d’articles sur la motivation et les bonnes résolutions à mettre en place dans votre vie. Et s’il y avait des bienfaits à la procrastination? Et si vous arrêtiez de culpabiliser de ne pas y arriver? Et de toujours tout reporter au lendemain? Véronique Duchâtel, Space Manager, chez Entrelac coworking, vous fait découvrir une recette magique basée sur un livre de John Perry.  

Pourquoi faire demain ce qu’on pourrait faire après-demain?

Une source d’inspiration incroyable  est “La Procrastination: l’art de reporter au lendemain”, un livre écrit par John Perry, philosophe américain vante les mérites trop méconnus de ne pas faire ce qui était pourtant prévu. Il a reçu pour son ouvrage sur la « procrastination structurée » le prix Ig Nobel, un Nobel humoristique récompensant les découvertes insolites, qui font « rire, puis réfléchir »…

Son livre commence par cette si belle citation de Mark Twain qui résume en quelques mots tout le concept : « Ne jamais remettre au lendemain ce qu’on pourrait faire le surlendemain ».

Remettre au lendemain, oui, mais de manière organisée.

Il aurait pu s’arrêter là, tant tout était dit… Mais comment déculpabiliser alors ?

Et bien c’est simple, grâce à la procrastination structurée.

Avis aux amateurs(trices) de « To Do » listes, sans cesse inachevées, vous n’êtes pas des fainéants, des glandeurs ou des non-volontaires… Vous êtes des procrastinateurs structurés. Et ça change tout !

La recette est simple :

  • Faites une To Do liste
  • Commencez par y inscrire ce qui est le plus urgent et important à faire
  • Inscrivez ensuite les tâches à effectuer par ordre décroissant d’urgence et d’importance
  • N’oubliez surtout pas celles qui semblent anodines: faire du sport, regarder le documentaire sur Netflix qui a un rapport lointain avec votre travail, passer l’aspirateur ou tailler votre crayon à papier…

Et bien sûr, après tout ceci… commencez par les tâches du bas de la liste.

Quelle est la différence avec la procrastination tout court ?

Elle est organisée, grâce à cet outil démoniaque qu’est la To Do liste. Mais surtout, elle vous permet d’abattre une quantité de travail phénoménale ! Si si…

Peut-être que vous faites des tâches moins importantes ou urgentes, mais vous faites tout de même.

Parce qu’un procrastinateur n’est pas forcément inactif. Il se peut même qu’il soit plein d’entrain et de zèle.

Le concept n’est pas nouveau. En 1930, déjà l’humoriste Robert Benchley affirmait « qu’il est possible de tout faire, à condition de ne jamais faire ce que l’on est censé faire ».

Peut-être est-ce là la clef des esprits rebelles qui se refusent à faire ce qu’ils ont à faire?

Toutes les tâches qui ne sont pas si urgentes et/ou importantes, ne sont qu’un prétexte pour se soustraire à une tâche plus importante, non ? La procrastination structurée consiste alors à tirer parti de cet état de fait.

S’arnaquer soi-même en procrastinant

Pour John Perry, il y a une erreur à ne pas commettre pour commencer, et qui est malheureusement bien trop répandue chez les procrastinateurs. Eviter tout engagement, en imaginant qu’on aura alors du temps pour accomplir les choses prioritaires de la To Do liste.

Que nenni ! Parce qu’alors, le seul moyen de ne pas faire ce qu’on a à faire, est de ne rien faire du tout… et ceci « est la recette assurée pour devenir un sinistre glandeur »…

L’astuce consiste au contraire à avoir une To Do liste bien remplie et à bien choisir les projets qui figurent en tête de celle-ci. Ils doivent être urgents et importants, mais pas tant que ça.

Parce que, le procrastinateur a aussi développé un talent que les autres n’ont pas… celui de relativiser.

Prenons un cas concret…

Ce rapport que vous devez rendre lundi prochain au travail, peut-être n’est-il pas si urgent? D’ailleurs, votre boss ne sera pas là ce jour là. Et puis, comme il concerne toute l’équipe, peut-être vaut-il mieux le remettre au jour de la réunion d’équipe, la semaine suivante.

Sur ces pensées, vous décidez donc d’envoyer un mail à votre boss pour lui expliquer qu’il vous semble plus opportun de repousser la date butoir. Encore un prétexte pour ne pas faire le rapport en question. Mais il se peut que vous passiez par la même occasion pour le collaborateur diligent qui a anticipé le planning de la semaine. Et oui, la procrastination est un art dont vous pouvez aussi récolter les  fruits…

Mais comment faire alors pour ce fameux rapport ? Il faudra bien que vous l’écriviez ?

Et bien pourquoi pas en mettant une tâche encore plus urgente et importante sur la liste ? Du genre, les réponses aux mails qui attendent depuis 2 semaines ? Ou une tâche que vous avez encore moins envie de faire… comme passer voir votre belle-mère. Là aussi ça fait 2 semaine que vous l’avez promis. C’est bête, vous seriez bien allé déjeuner chez elle si seulement vous n’aviez pas ce rapport à faire. Vous allez devoir remettre le déjeuner à plus tard et vous consacrer à ce fameux rapport.

Et voilà l’astuce pour se blouser soi-même et s’obliger à faire ce que l’on ne veut pas.

John Perry finit son premier chapitre sur cette constatation que « la procrastination structurée requiert une bonne dose de mauvaise foi, puisqu’elle repose sur une constante arnaque pyramidale contre soi-même ».  

J’espère que ce petit billet vous aura plu et pourquoi pas donné des astuces pour vous mettre au boulot, ou qu’à défaut il vous aura fait déculpabiliser un peu 😉

La suite peut-être en janvier, au moment des résolutions de la nouvelle année 😉  

Véronique Duchâtel – Space Manager – Entrelac Coworking